FRANÇOIS RÉAU - PEINTRE PLASCTICIEN

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OEUVRES / WORK


PUBLICATIONS - VIDÉOS

PARK #02


http://www.parkmagazine.org/


TEXTES / TEXTS

-


Eléments


 


L’oeuvre de François Réau nous parle toute entière d’une humanité qui vient de naître, sortie d’un univers chaotique et primordial où le spectateur laisse son regard infiltrer les strates quasi géologiques de la peinture. Frontières, démarcations, bordures, rien n’est jamais tout à fait défini, car il demeure toujours chez l’artiste une volonté figurative minimale qui fait de son travail une oeuvre à la croisée de deux mondes.


 


Ici, abstraction et figuration s’entremêlent, s’entremordent, entre paysages aqueux et signes charbonneux à investir de sens. Car chez Réau la nature est en perpétuelle mutation. En témoignent les fleurs explosives de Dandelion, sciemment folles et profondément exubérantes ou les toiles brûlées aux allures de cuir reptilien, risquées à l’arbitraire langue des flammes.


En essaimant à chaque instant de petits morceaux de vie, l’oeuvre de François Réau nous donne à voir, entre le feu et l’eau, les éléments primordiaux d’une humanité en questionnement et en devenir.


 


Jean-Daniel Mohier, octobre 2011


 


 


 


 


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Rhéologie, l’œuvre au noir de François Réau




Rhéologie : (du grec rheo, couler et logos, étude) est


l'étude de la déformation et de l'écoulement de la matière


sous l'effet d'une contrainte appliquée.


 


The river reflected whatever it chose of sky and bridge


and burning tree and when the undergraduate had oared


his boat through the reflections they closed again,


completely, as if he had never been.1


Virginia Woolf, A Room of One’s Own, 1929


 


 


 


Les vocations tout comme les sources d’inspiration prennent souvent, et notamment chez les artistes, des chemins détournés et imprévisibles. Mais il arrive parfois que l’un d’eux, même s’il l’ignore lui-même, ouvre par quelques références biographiques qu’il pense anodines, ou à tout le moins de peu d’importance, une fenêtre éclairante à la compréhension de son œuvre. Ainsi, un spectateur pressé qui ne s’attarderait qu’un court instant sur les œuvres de François Réau pourrait n’y voir, bien à tort, que les forfaits abstraits d’un grand enfant scribouillard. Mais que l’on prenne le temps de la contemplation, d’un certain lâcher prise dans l’espace du papier, son support de prédilection, et l’œuvre prendra alors toute son ampleur et tout son sens ; et tandis que l’enfant n’aura pas disparu de nos pensées (nous y reviendront), le scribouillard se sera évanoui pour toujours.


 


Que voyons-nous ? Au premier abord, une composition abstraite aux contrastes marqués entre les teintes les plus sombres et les teintes les plus claires où les noirs, les violets et les rouges foncés répondent aux blancs, aux jaunes et aux verts clairs. Pourtant rien n’est jamais tranché. Les compositions, si elles se répondent de façon chromatiques en jouant à l’envi sur les contrastes ne sont jamais données à voir au spectateur comme un simple jeu d’opposition. Mais c’est pourtant bien sur un jeu infini d’opposition que semble se construire l’œuvre toute entière. Ainsi, les parties noires, toujours présentes et points de focalisation premiers de la composition, tiennent selon les dires mêmes de l’artiste un rôle particulier, tout autant pictural que symbolique.


 


Car le noir pour François Réau ne définit pas l’absence d’un objet du présent mais atteste au contraire de la trace d’un objet passé et disparu. Le noir est chez lui le résidu d’un feu particulier survenu dans l’enfance, un feu sournois qui détruisit sa maison non dans un vaste brasier apocalyptique mais avec la lenteur chimique des gaz toxiques émergeant d’un réfrigérateur. Dans la maison, tout a fondu, tout est mêlé et irrémédiablement empoisonné sous une couche de noir. Il n’y a donc pas de parties saillantes dans les œuvres de François Réau, pas plus qu’il n’y eut de formes immédiatement identifiables au milieu des fumerolles de sa maison d’enfance.


 


Ainsi, une lecture nette des œuvres n’est jamais offerte : au contraire, elle se gagne au prix du regard. Comme l’artiste le dit lui-même, il développe ‘un style palimpseste fondé sur la trace laissée visible de la genèse du travail (repentirs, grattages, effacements, recouvrements...) et qui se construit par destructions et reconstructions successives’. Le spectateur est donc invité à une lecture de l’œuvre prenant en compte son état présent et définitif, mais aussi tout ce qui en a permis l’achèvement et qui est encore visible. A lui de décider ce qui reste de ce qui a été effacé, gratté, recouvert, de l’importance des repentirs mais aussi des accidents que le peintre a décidé d’embrasser ou de faire disparaître. A lui également d’accomplir La Traversée, installation de 2010 et double clin d’œil à l’enfance de l’artiste, à sa maison brûlée ainsi qu’à son grand-père bougnat, où le spectateur est invité à suivre, pour aller à la rencontre des œuvres, un chemin de charbon sur lequel semble flotter du bois séché.


 


Mais alors que le feu en tant qu’élément symbolique n’est pas toujours aisément identifiable dans les œuvres de François Réau, il en va tout autrement de l’élément aqueux qui semble traverser chaque œuvre. Les compositions se veulent abstraites il est vrai, mais de l’aveu même de l’artiste, il demeure toujours chez lui une volonté figurative minimale qui fait de son travail une œuvre à la croisée de deux mondes. Difficilement figuratives, mais jamais tout à fait abstraites, les compositions sont donc des univers paysagés, où une certaine forme de végétation se mêle à ses propres reflets, où des grattages crées soudain un bouquet de roseaux, et où un coup de pinceau fait jaillir d’une transparence une bande de terre brune ou des feuilles éparses s’agitant en plein courant d’air.


 


Quant au travail technique, il commence souvent par une empreinte sur le papier, suivi parfois d’une pliure par le milieu et dans le sens de la longueur, créant un motif de Rorschach, laissant libre court à l’association libre d’idées rendue beaucoup plus abstraites par l’inutilité de mettre quoi que ce soit en mots. De cette symétrie primordiale il ne reste souvent que matière à palimpseste ; un souvenir destiné à être déchiffré par qui veut bien s’y essayer.


 


Puis commence un long travail où se mêlent de nombreux medium ; huile, crayon, encre, acrylique… et l’effacement, le recouvrement, le grattage, le gommage… éternel recommencement. Le trait, s’il semble aléatoire, se veut précis dans sa réalisation, car il indique le chemin, la direction à prendre, même s’il est interrompu, brisé, effacé. Il créé une dynamique de lecture de l’œuvre, on suit une ligne (intentionnelle de la part de l’artiste) de son début à sa fin, jusqu’à ce que l’on en découvre une autre que l’on suivra à son tour. Ce jeu est sans fin et d’une couche de matière picturale à une autre les lectures s’enchevêtrent et ne sont jamais les mêmes. Au delà de la ligne le regard est pris par les rapports de masse, notamment les plus sombres, souvent cernées d’halos vaporeux et aqueux, pour ainsi dire amniotiques.


 


Car il s’agit bien là d’une naissance, d’un univers chaotique et primordial, d’une genèse, d’une nature en perpétuelle mutation où le passé ne veut pas se laisser effacer au profit du présent et lutte pour sa survie ; pour rester visible sous les strates quasi géologiques de la peinture. Ainsi comment ne pas voir, dans les fleurs explosives de Dandelion la série peut-être la plus figurative de l’artiste, la représentation de cet élan vital ? Comme ces pissenlits sur lesquels on souffle, l’œuvre de François Réau semble essaimer à chaque instant de petits morceaux de vie, elle nous donne aussi à voir entre le feu et l’eau, les éléments primordiaux d’une humanité en questionnement et en devenir.


 


Jean-Daniel Mohier, août 2011


 


 


<1> La rivière reflétait tout ce qu’il lui plaisait de ciel et de pont et d’arbre brûlé, et quand l’étudiant avait ramé au travers des reflets, ils se fermaient à nouveau, complètement, comme s’ils n’avaient jamais été. Virginia Woolf, Une chambre à soi, 1929.


 


 


 


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Rheology, François Réau’s Opus Magnum


 


Rheology (from the Greek rheo, to drip and logos, study) is the study of the flow of matter: primarily in the liquid state, but also in the solid state, in response to an applied force.


 


The river reflected whatever it chose of sky and bridge and burning tree and when the undergraduate had oared his boat through the reflections they closed again, completely, as if he had never been.


Virginia Woolf, A Room of One’s Own, 1929


 


 


 


Vocations as well as sources of inspiration often take, especially with artists, winding and unpredictable paths. But it happens sometimes that an artist, although unwittingly, enlightens his whole body of work by opening himself up about his life experiences. Thus, a rushed onlooker who would only spend a few seconds in front of François Réau’s works could wrongfully dismiss them as the abstract doodles of a scribbling child. But if one takes time to let the eye traverse the paper - one of Réau’s favorite working materials - and contemplate the works, then their full scope and meaning will be unveiled. And though the scribbler will have disappeared forever, the child will nonetheless remain very much present in the thoughts of the onlooker.


 


What do we see? At first, an abstract composition that sharply plays with the contrasts between the darker and the lighter tones where black, purple and dark red areas respond to their white, yellow, and light green counterpoints. Everything remains however open; the compositions, even if they seem to play with the idea of chromatic contrast as often as possible, are never a simple game of opposition. But it seems, nevertheless, that the whole oeuvre is built on such a game. Indeed, the always-present black areas that are the main focal point of the paintings can be seen, as the artist says himself, as a very important pictorial as well as symbolic part of the works.


 


Indeed, black for François Réau cannot be defined by the absence of an object that was there a second ago, but must be seen as the testimony or the trace of a long-gone object from the past. The color black is for him what is left of a specific fire that happened when he was only a child, an oddly underhanded fire that destroyed his house, not in an immense flaming hell, but with the chemical sluggishness of toxic gas leaking from the family fridge. In the house, everything melted down, objects have merged into one another, and all is irremediably poisoned under a thick layer of black. One will not find, then, any salient part in François Réau’s work, for there was no such shape left amidst the lethal smokes of his childhood house.


 


A clean reading of the works is thus never given; on the contrary, it has to be earned through an actual and serious investigation. As the artist says himself: he develops a ‘palimpsestual style based on the traces that come from the genesis of the works and that are still visible in the finished painting (second thoughts, scratching, deletion, covering) that is built through successive destruction and reconstruction.’ The onlooker is thus asked to read the works by taking into account its present and definitive state, but also everything that allowed this achievement, everything that is still visible, that is. He must then decide what is left of what has been scratched or covered up, how important were the second thoughts, but also what accidents the painter decided to welcome or to wear away. Finally, the onlooker is asked to “Cross Over” by the title of a 2010 installation<1> where one had to follow a path made of coal upon which were floating large pieces of dry wood in order to access the large canvases displayed on the walls.


 


But whereas fire, as a symbolic element, is not always easy to spot in Réau’s paintings, it is very different with water, for it seems to always be part of the works. The compositions are meant to be abstract, but there is also a willingness to keep them figurative in a minimalistic way that allows them to stand in an interesting position. Hardly figurative but never completely abstract, the works display landscaped areas where a form of wild flora blends into its own reflection; where, all of a sudden, scratchings create a bunch of reeds; and where a brush stroke invents, out of a wash, a strip of brown land or a few leaves quivering in the wind.


 


As for the technical work, it often starts with an imprint on a sheet of paper. It is then folded in its middle and creates some sort of Rorschach motif, allowing the mind of the artist to associate ideas freely in a form that is made more abstract by the fact that there is no way to put them into words. More often than not, only a palimpsest is left from this essential symmetry, a memory, destined to be deciphered only by those who want to try to.


 


Then comes a long work with mixed medias, oil, pencil, ink, acrylic… and what could be a never-ending process of deletion, covering, scratching, erasing… The seemingly random line is precisely drowned, for it gives the direction, the path to follow, even if it is discontinued, broken or erased. It creates a reading dynamic of the works, for one follows a line (as is the artist’s wish) from its beginning to its end till another one is discovered that will be then be read using the same fashion. This game is endless, and from a pictorial layer to another, readings are mingled and are never the same. Beyond the general line, the eye is caught by the interactions of masses, and notably the darkest ones for they are often surrounded by liquid and diaphanous halos one could call amniotic.


 


For this is really a birth, a chaotic and primordial universe, a genesis, a natural world in perpetual motion where the past does not want to be obliterated by the present and fights for its survival in order to remain visible under what are almost geological layers of paint. How could one fail to see, in the explosive flowers of the artist’s most figurative series, Dandelion, the representation of this vital force? Like the dandelions one blows on, Réau’s works spread, every second, little pieces of life, and display, between the fire and the water, the primordial elements of humanity, its questions and advancements.


 


Jean-Daniel Mohier, August 2011


 


 


 


<1> This can be seen as a double reference to the artist’s childhood: first to his burnt house but also to his grandfather who was a coalman.


 


 



BIOGRAPHIE

Né en 1978, à Niort (Deux-Sèvres).


Vit et travaille à Paris depuis 2001.


Premiers cours aux ateliers des Beaux Arts de Poitiers en 1990.


Diplomé de l'Ecole d'Art Appliqués de Poitiers en 2001.


Expositions / Exhibitions

Expositions :          (c) collectives         (p) personnelles


 


Expositions en préparation :


 


2012


Sélection Comparaisons, Parcours italien :


Galerie Zamenhof, Milan / Château Charles V, Lecce / Palais Zenobio, Venise. (c)


«Un avant goût de la Genèse» - Humanité(s), Regards Croisés, Galerie Laurent Mueller, Paris. (c)


« Oplontis Floralis » - Galerie Kartner La Cardinale, Paris. (p)


 


 


Expositions (sélection) :


 


2012


MIAC - Puls'Art Le Mans. (c)


Aponia - Centre d'art Contemporain, Villiers sur Marne. (c)


«Trajectoires» - Galerie No Smoking, Strasbourg. (c)


Réalités Nouvelles, Paris - Parc Floral. (c)


«Hétérotopies» - Galerie Oujopo, Lyon. (p)


CRAC, Biennale de Champigny sur Marne. (c)


 


2011


Galerie Le Rayon Vert, Nantes. (c)


«Le Regard des Autres» - 5ème Biennale d’Art Contemporain, Saint-Brieuc. (c)


«Pigments» - Bastille Design Center, Paris. (c).


«Confrontations» - ArtCité, Fontenay-sous-Bois. (c)


«Traversée» - Abbaye de Léhon. (c)


Galerie Convergences, Paris. (c)


« A voir Été, 2011 » - Galerie Oujopo, Lyon. (c)


«Rendez-vous» - Propos d’Artistes, Domaine Saint Hilaire, Roiffé. (c)


«Artistes en Dessin Contemporain» - Galerie Tampopo, Avignon. (c)


Salon des Réalités Nouvelles, Parc Floral, Paris. (c)


Centre Culturel de Pauillac. (c)


 


2010


«Le Télégraphe» Paris. (p)


Galerie Convergences, Paris. (c)


Biennale d’Art Contemporain, Saint Nolff. (c)


«Scandales et petits désagréments» Artfiler Gallery, Paris. (c)


Parcours d’Art Contemporain, Paris 19°. (c)


«Traversées» La Laverie - Centre d'Art Contemporain, La Ferté Bernard. (p)


 


2009


«Places aux Arts» - Manifestation d'Art Contemporain - Salle des Pas Perdus, Poitiers. (c)


«Métamorphoses» Chapelle St Louis, Poitiers. (c)


«Drap'eau» - Rencontres des Arts, Mers sur Indre. (c)


«Et pour toi c'est quoi l'Art ?» Les Abattoirs, Toulouse. (c)


 


2008


«25ème RDV des Jeunes Plasticiens» Centre Culturel, La Garde. (c)


Art Metz - Foire d'Art Contemporain, Metz. (c)


Gallery T, Paris. (c)


 


2007


«Transition» - Couvent des Minimes, Lille. (p)


Salon d'Automne - Espace Auteuil, Paris. (c)


 


2006


«Translation» - La Grange aux Belles, Paris. (p)


 


2005


«Shrinkage» - International Open Art & Design Competition, Genève. (c)




Résidences :


 


2010


«Traversées» La Laverie - Centre Culturel, La Ferté Bernard.



 


Collections :


Centre Culturel de La Laverie, La Ferté Bernard.



Presse / Média
:


Catalogues d’expositions :


« Rendez-vous » - Propos d’Artistes, Juin 2011.


« 65ème Réalités Nouvelles », Avril 2011.


« Drap'eau » - Rencontres des Arts, Juillet 2009.


« Art Metz » - Foire d'Art Contemporain, Mars 2008.


« Salon d'Automne », Novembre 2007.


Publications (sélection) :


PARK Art Magazine #02 – P 74-77, March 2011.


« Et pour toi c'est quoi l’Art ? » Entrez Sans Frapper, Décembre 2009.


« Racines » - Les Yeux dans la Soupe. Recueil n°20 - Belgique, France.  2006.


« Au Loin » - Les yeux dans la soupe. Recueil n°19 - Belgique / France. 2005.


Articles (sélection) :


L'Echo Sartois, " François Réau joue avec le feu " - 20 Avril 2010.


Centre Presse, " Les Arts dans la ville " - Juin 2010.


Vidéos et Documentaires :


Zoé Tv : " Entretien ", 2011 – 3’31 min.


Seba TV. INTERJECTION : Art in Motion " François Réau ", 2010 - 3'10 min.




Formation :


Ecole d'Arts Appliqués de Poitiers, de 1998 - 2001


Ateliers à l'Ecole des Beaux Arts de Poitiers, de 1990 – 1993




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